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Initiation au Collodion humide

Début septembre 2018, j’ai eu la chance de participer avec mon ami Bertrand Carrot  à une initiation sur la pratique du collodion humide par Michelangelo Bertani.


Un peu d’histoire

Le collodion humide est un procédé photographique attribué à l’Anglais Frederick Scott Archer en 1851. Ce procédé était déjà connu dès le 1er juin 1850, date de la première publication du Traité pratique de photographie sur papier et sur verre par le Français Gustave Le Gray. Celui-ci fut le premier à remplacer l’albumine par le collodion pour fixer l’émulsion sur le verre, mais pour des raisons évidentes de commodités techniques (le papier ciré sec de Le Gray ne pesait pas et pouvait se conserver de six à huit jours avant développement), il négligea son invention et concentra ses recherches sur l’amélioration des négatifs papier, moins sensibles mais qui donnaient un rendu plus artistique.
Bien que la polémique sur la paternité de la découverte ait fait rage à l’époque, ni l’un ni l’autre ne souhaitèrent déposer de brevet pour cette invention majeure et ils finirent tous deux dans la misère.
C’est la guerre de sécession qui a fait le succès du collodion humide, coulé sur des plaques en métal laquées noires : le Tintype (ou Ferrotype).
Le collodion humide a connu une grande popularité et a été le procédé négatif dominant jusqu’à l’apparition et la commercialisation des négatifs au gélatino-bromure d’argent en 1880.

Détails du procédé

Le collodion est un nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’alcool et d’éther que l’on étend sur une plaque de verre. Il existe des centaines de formules de collodion différentes.
Quand ce mélange sirupeux commence à se figer sur le verre, on plonge durant 3 à 4 minutes la plaque dans un bain de nitrate d’argent pour la sensibiliser, les sels sont ainsi transformés en halogénure d’argent sensible à la lumière.
On égoutte alors la plaque, la transfère dans un châssis étanche à la lumière. Toutes ces opérations se font en chambre noire.

On dispose alors de 10 minutes pour faire une prise de vue à la chambre photographique et développée en chambre éclairée en lumière rouge clair (le nitrate d’argent étant insensible à la lumière rouge) avec du sulfate de fer puis fixée au thiosulfate de sodium.
On obtient alors une pièce unique.

Portrait au collodion de Bertrand Carrot réalisé par mes soins
L’initiation 

L’initiation s’est déroulée sur deux jours chez Michelangelo qui nous a très bien accueillis. C’est tellement un plaisir de rencontrer une personne vraiment passionnée par la photographie.

Bertrand et moi même avons eu droit à des explications détaillées sur ce procédé, de la préparation des plaques de verre, à la prise de vue, en passant par la révélation du résultat puis la partie conservation et protection des plaques afin que celles ci ne s’endommagent pas et se conservent dans le temps.
Nous avons eu des explications pas à pas sur la partie chimie avec les consignes de sécurité car la pratique du collodion humide n’est pas sans risques et il est  important de prendre beaucoup de précautions. Nous avons évoqués la liste du matériel nécessaire pour la mise en place d’un labo, permettant la réalisation du collodion humide et nous avons réalisés les différentes étapes pour la création et l’entretien du bain de nitrate d’argent mais aussi du collodion, révélateur et fixateur.

Je n’ai pas souhaité rentrer dans les détails, il y a de nombreux documents sur le sujet dans les livres ou sur internet.


Remerciement:

Un grand merci a Michelangelo Bertani pour nous avoir transmis une partie de son savoir au cours de ces deux jours d’initiation.

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